(suite) 1/ L'obésité, des causes multifactorielles

C/ Une société sédentaire

La mécanisation des transports que ce soit les ascenseurs, les tapis roulants, les escalators ou les transports en commun permettent de diminuer voire de supprimer toutes activités physiques donc augmenter la prise de poids. Cependant, la mécanisation du travail avec l'utilisation de nouvelles machines (tracteurs, moissonneuses-batteuses) ainsi que l'évolution des nouvelles technologies telles que l'invention du téléphone, de l'ordinateur, de la télévisions et du fax contribuent également à ce nouveau mal du peuple : la sédentarisation.

Comment en est-on arrivé la ? Peu à peu, nos sociétés semblent s'être organisées pour faire disparaître toute activité physique. La télévision, bien sûr, est le traditionnel accusé. A juste titre d'ailleurs, car les études montrent que plus on la regarde, plus on court le risque d'accumuler les kilos au bout de quelques années. Depuis quelques décennies, nos loisirs deviennent de plus en plus sédentaires. Une étude montre que les français passent ainsi 3 heures et 22 minutes par jour en moyenne devant leur télévision. Quel que soit leur niveau social, les enfants qui regardent beaucoup la télévision et jouent fréquemment aux jeux video ont en moyenne des taux de chlolestérol plus élevés que d'autres, et ils prennent plus de poids. Malheureusement, la télévision est devenue la principale activité de loisir des enfants comme des adultes. En moyenne les enfants passent plus de temps devant le petit écran que sur les devoirs. On surfe sur le web, on joue aux jeux vidéo, on lit, on téléphone à ses amis. Mais on marche peu...

Le nombre moyen de voitures par foyer a fortement augmenté au cours des dernières décennies. Il est trés fréquent, aujourd'hui de posséder deux véhicules voire trois. Résultat : la plupart des déplacements se font desormais en voiture plutôt qu'à pied ou à vélo, et même sur de très courtes distances : souvent pour acheter son pain à la boulangerie à quelque centaines de mètres de la maison... Ah quels fainéants ! Face à ce développement des transports individuels ou collectifs et l'utilisation de véhicules motorisés pour de petits trajets, la dernière petite occasion de faire quotidiennement de l'exercice se réduit progressivement.

Mais encore, il faut savoir qu'au cours d'une activité physique, la dégradation d'aliments organiques par la respiration apporte de l'énergie aux cellules sollicitées. Plus cette activité est intense, plus la combustion de calories augmente et les dépôts de graisses peuvent ainsi être dégradés. Or, de moins en moins de personnes pratiquent une activité régulière : ils n'éliminent donc pas les calories inutiles et celles-ci finissent par être stockées sous forme graisseuse.

Tout concourt, de fait, à nous faire garder nos calories. Au domicile, le chauffage central maintient une température confortable, le corps n'a donc plus besion de brûler du sucre ou de graisses pour se réchauffer. Au travail, la robotisation, les ordinateurs, etc.., ont éliminé le moindre effort physique. Au point que les seuls déplacements, souvent, vont de l'écran du bureau vers l'imprimante située à quelques mètre. Seule une proportion très faible de la population peut prétendre aujourd'hui faire un travail physique réellement consistant. Avant 1940, un travailleur manuel (ouvriers ou paysans) dépensait 2 600 à 2 800 kcal/jour contrairement à 2 000 à 2 600 kcal/jour pour un ouvrier ou paysan effectuant le même travail au jour d'aujourd'hui avec la mécanisation du travail.

herse-296597.jpg

Dans les lieux publics, comme dans les centres commerciaux, ascenseurs et tapis roulants font gagner à la fois du temps et de l'énergie. Même les portes s'ouvrent en général toutes seules, éliminant cette dernière possiblilité de réaliser un modeste effort. Des aménagements qui témoignaient d'une bonne intention mais notre corps en paye aujourd'hui le prix.

escalators-multiniveaux-de-centre-commercial-thumb1885081-1.jpg

La ville elle-même a été davantage conçue pour y circuler avec des voitures que pour s'y promener à pied. Les aires de jeux sont rares, et les pistes cyclables en France, dans leurs balbutiements. On est rapidement passé d'une ville de quartiers, organisée autour de commerces de proximité, à une agglomération horizontale, à l'Américaine, où on ne se déplace qu'en voiture, sans réel centre ville, et où marcher au bord d'une route suscite au mieux la curiosité, au pire la suspicion. D'ailleurs, dans de nombreuses villes il n'y a pas de trottoir digne de ce nom. Peu s'en préoccupent...