2/ Une prise de conscience en France

A/ Mieux vaut prévenir que guérir

Après une montée de l'obésité en France, des campagnes de prévention telles que le PNNS et l'INPES tentent de prévenir la population afin d'éviter un surplus de l'obésité.

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Le PNNS, c'est quoi ?...

La mise en place d’une politique nutritionnelle est apparue, au cours des dernières années, comme une priorité de santé publique. Le rôle joué par la nutrition comme facteur de protection ou de risque des pathologies les plus répandues en France est de mieux en mieux compris.

L’amélioration de l’état nutritionnel de la population constitue, en ce début de XXIè siècle, un enjeu majeur pour les politiques de santé publique menées en France, en Europe et dans le monde. Une nutrition satisfaisante est un facteur de protection de la santé. Les avancées de la recherche ont précisé le rôle que jouent l’inadéquation des apports nutritionnels et l’insuffisance d’activité physique dans le déterminisme de nombreuses maladies cardiovasculaires, qui représentent plus de 55 % des 550 000 décès annuels en France. Des facteurs nutritionnels sont aussi impliqués dans le risque ou la protection vis-à-vis du diabète, de l’obésité, de l’ostéoporose ou de diverses déficiences.

Lancé en janvier 2001, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) a pour objectif général l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Le programme a été prolongé en 2006 puis en 2011.

Plusieurs objectifs initialement fixés ont été partiellement ou totalement atteints, comme la réduction de la prévalence du surpoids et de l’obésité chez l’enfant, la réduction de la consommation de sel ou de sucre, l’augmentation de la consommation de fruits chez les adultes. Pour autant, ces améliorations n’ont pas concerné de façon homogène toutes les composantes de la population et les inégalités sociales de santé se sont creusées dans le domaine de la nutrition. Le président de la République a souhaité la formalisation d’un Plan Obésité (PO) pour la France, avec pour objectif de répondre à la croissance du nombre de sujets gravement atteints. Le Parlement a institué, en 2010, un programme gouvernemental quinquennal relatif à la nutrition et à la santé (Code de la santé publique article L. 3231-1) ainsi qu’un programme gouvernemental pour l’alimentation (Code rural, article L. 230-1).

Le PNNS traite de la nutrition comme déterminant de la santé. Le Plan obésité (PO) s’articule et complète le PNNS par l’organisation du dépistage, de la prise en charge des patients ainsi que par une dimension importante de recherche. Le PNNS et le PO sont présentés conjointement. Le Programme national pour l’alimentation (PNA) a été initié en septembre 2010.

 ...et quels sont leurs objectifs ?

Les objectifs nutritionnels de santé publique sont fixés par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Ces objectifs nutritionnels structurent les orientations stratégiques et servent de base pour définir les actions prévues pour le Programme National Nutrition Santé (PNNS) et le Plan Obésité (PO). Ces objectifs quantifiés ont été regroupés selon quatre axes.

 1. Réduire l’obésité et le surpoids dans la population

 2. Augmenter l’activité physique et diminuer la sédentarité à tous les âges

 3. Améliorer les pratiques alimentaires et les apports nutritionnels, notamment chez les populations à risque

 4. Réduire la prévalence des pathologies nutritionnelles

Depuis le 28 février 2007, la loi française impose (sauf à s’acquitter d’une taxe) aux marques de produits alimentaires d’introduire les messages sanitaires suivants dans leurs publicités et autres outils de communication :

  •    "Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour"
  •    "Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière"
  •    "Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé"
  •    "Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas"

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Les produits concernés par cette mesure sont les aliments et boissons dans lesquelles il y a ajout de sucre, de sel ou d’édulcorants et les aliments manufacturés. Attention : quand le message apparaît en bas d’une publicité, cela ne veut pas dire que l’aliment est bon ou mauvais, ni même qu’il y a un lien entre le message et le produit.

 

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L'INPES, c'est quoi ?...

Organisée en 1992, l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé est un établissement public administratif créé par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. L’Institut est un acteur de santé publique plus particulièrement chargé de mettre en oeuvre les politiques de prévention et d’éducation pour la santé dans le cadre plus général des orientations de la politique de santé publique fixées par le gouvernement, il vise à permettre à la population d’exercer un meilleur contrôle sur son état de santé ou à l’améliorer. Ce programme est en conformité et en complémentarité avec les recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé). Cette agence insiste sur la lutte contre la sédentarité d’où une analyse des activités quotidiennes et des capacités physiques (évaluation du risque cardiovasculaire global) des patients en sur poids ou obèse afin de les encourager à bouger, même sans objectif d’amaigrissement. Elle recommande aussi une prise en charge incluant une démarche d’éducation thérapeutique du patient et un suivi régulier et prolongé. L’objectif est là encore le plus souvent, une stabilisation du poids. 

 

Placé sous la tutelle du ministère de la Santé, l’Inpes a pour missions :

- de mettre en oeuvre, pour le compte de l’État et de ses établissements publics, les programmes de santé publique prévus par l’article L1411-6, d’exercer une fonction d’expertise et de conseil en matière de prévention et de promotion de la santé                                                                        - d’assurer le développement de l’éducation pour la santé sur l’ensemble du territoire, de participer, à la demande du ministre chargé de la santé, à la gestion des situations urgentes ou exceptionnelles ayant des conséquences sanitaires collectives, notamment en participant à la diffusion de messages sanitaires en situation d’urgence                                                                                                                                                                          - d’établir les programmes de formation à l’éducation à la santé, selon des modalités définies par décret.

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Outre les campagnes de prévention, les entreprises s'engagent. Conscientes de la progression de l’obésité et soucieuses de la santé des consommateurs, les industries agroalimentaires et les producteurs agricoles sont de véritables acteurs de cette nouvelle lutte. Leurs actions pour l'amélioration de l'offre alimentaire sont formalisées par des engagements officiels et évalués par un Observatoire national de la qualité de l'alimentation (OQALI) : il s’agit de chartes d'engagements de progrès nutritionnel signés avec l'État. Par cette démarche volontaire, les entreprises françaises se fixent des objectifs précis, chiffrés, datés et contrôlables, visant notamment la réduction des apports en sel, glucides simples, lipides totaux, acides gras saturés, ou l'augmentation de la consommation de glucides complexes et fibres, de fruits et de légumes. Ces actions de progrès menées de concert entre l’État et les entreprises agroalimentaires ont pour but de favoriser des comportements alimentaires plus sains, et de réduire la progression de l’obésité et des maladies associées. En 2006, la France comptait 10,5% d’adultes obèses (IMC>30) tandis que les États-Unis dépassaient la barre des 34%… Le modèle alimentaire français, avec ses trois repas réguliers quotidiens, contribue très certainement aussi à ce résultat. Sans oublier un patrimoine culinaire et gastronomique contribuant à offrir une alimentation diversifiée et équilibrée pour tous !

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Par exemple, le Groupe "Plats Cuisinés " de la FIAC a pour objectif :
* d'élaborer des normes produits (décisions CTCPA)
* de suivre les marchés
* de veiller à la loyauté de la concurrence
En 2012, il travaille particulièrement sur les questions nutritionnelles en vue d'un engagement collectif dans le cadre du Plan National de l'Alimentation (PNA).